Conférences AMUQ

Conférences du 34ème Congrès Scientifique de l’AMUQ

 

ACIDE TRANEXAMIQUE (ATX) :

Quelles sont les données probantes ?

Dr Éric Notebaert MD MSc CSPQProfesseur Agrégé.

Université de Montréal. Département de l’Urgence ‐ Hôpital Sacré Coeur de Montréal

En traumatologie :

L’ATX est bénéfique, mais doit être prescrit (et donné !) dans l’heure qui suit le traumatisme. La diminution de mortalité est surtout notée dans les traumatismes modérés à sévères. La baisse des complications thrombo-emboliques est significative.

Les études marquantes sont Crash-3 pour les traumatismes crâniens, et Cal-PAT pour le préhospitalier.

En chirurgie :

ATX ↓ saignements et transfusions

En gynécologie :

ATX ↓Mortalité et hémorragie post-partum

ATX ↓ Volume saignement menstruel

En ORL :

ATX ↓ Saignements.

 

Immobilisation du rachis en préhospitalier : nouveau protocole québécois.

Dr Louis-Philippe Pelletier

Urgentologue. CH St Eustache

 

Les planches d’immobilisation (long board), comme les colliers cervicaux rigides, sont souvent responsables de douleurs, restrictions respiratoires, plaies de pression.

Il semble qu’il y a plus d’avantages que d’inconvénients à ne pas imobiliser les patients en Glasgow à 15, n’ayant pas de douleurs rachidiennes, pas de signes neurologiques, et en dehors de tout contexte d’intoxication.

Seront impérativement immobilisés les victimes de traumatisme à haute vélocité, les traumatisme par compression axiale, les accidents de plongeon, et les blessures tête et cou.

Seront aussi immobilisés les sujets peu (ou non) conscients, les sujets ayant une douleur distrayante (fracture os long), ou étant brûlés.

Les sujets à risques sont :

-Les enfants de moins de 8 ans, surtout s’ils ont été éjectés.

-Les sujets > 65 ans, même victimes d’un traumatisme mineur (chute de vélo…)

Si l’on immobilise, c’est sur une civière avec dispositif de blocage cervical. La mobilisation se fera au bloc opératoire.

En résumé, la planche dorsale n’est utilisée que pour désincarcérer !

Ils ont fait l’histoire de la médecine d’urgence

Dr Elam
James Otis Elam
1918-19995

Né à Austin, au Texas, le futur Docteur Elam était peut-être prédestiné à devenir un promoteur de la ventilation de sauvetage. En effet, né prématuré et de très petit poids, sa survie était aléatoire. Il la doit à un praticien qui recommanda à sa maman de lui donner une tape sur les fesses chaque fois qu’il s’arrêtait de respirer !
Après des études de médecine à l’Université John Hopkins, et un court passage dans la marine, il décide de se consacrer à la physiologie il était déjà bien persuadé que la technique apprise chez les scouts et qui consistait à étirer les bras de la victime en arrière avait peu d’efficacité. Souhaitant s’investir dans la physiologie respiratoire pratique, il se tourne vers l’anesthésie, et rejoint l’Iowa. Avec Max Liston, il s’investit dans l’étude du CO2 expiré. La machine qu’ils inventent sera améliorée ensuite, toujours basée sur l’analyse spectrale de l’infra-rouge.
James Elam travaille ensuite sur la mise au point d’un respirateur « simulant » la respiration humaine. Son respirateur portera le nom de « Air Shield Ventimeter Ventilator », et sera utilisé de nombreuses années par beaucoup d’équipes.

Il n’oubliait pas son expérience avec les poliomyélitiques, qui avait prouvé l’intérêt de la ventilation par l’air expiré du sauveteur. Il en parle à Peter Safar lors d’un congrès d’anesthésie à Kansa City.
En 1958, Safar, Elam et leur confrère Gordon proposent conjointement le « bouche à bouche » comme technique de réanimation ventilatoire ne nécessitant aucun matériel. Elle sera adoptée, en 1960, par la Croix Rouge Américaine et la Société d’Anesthésie.
Une rencontre déterminante que firent Safar et Elam, toujours en 1960, fut celle avec Asmund Laerdal, fabriquant de jouets norvégiens. Il devenait essentiel, à leurs yeux, de fabriquer des « outils » de formation aux nouveaux gestes de resuscitation. Ils furent conjointement à l’origine du mannequin Resusci Anne®, toujours utilisé aujourd’hui.

Un peu partout dans le monde les praticiens d’une pratique débutante, l’anesthésie, surent mettre à profit leur métier de « spécialiste des gaz » pour devenir les premiers vrais réanimateurs. Mais saluons le courage et la passion qui animaient le Dr Elam. En effet, il en fallait pour, au grand dam de ses confrères, faire du bouche à bouche à des poliomyélitiques, censément contagieux.

. Elam JO, Brown ES, Elder JD : Artificial respiration by mouth-to-mask method. A study of the respiratory gas exchange of paralysed patients ventilated by operaor’s exhaled air. New England Journal of Medicine 250 : 749, 1954.
. Safar P, Escarraga L, Elam J : A comparaison of the mouth-to-mouth and mouth-to-airway methods of artificial respiration with the chest-pressure arm-lift methods. N England J Med 1958 ; 258 : 671.d

Arrêt Cardiaque

European Resuscitation Council.
Freiburg.
28-30 septembre 2017.
Influence du mode de ventilation mécanique sur la qualité des compressions thoraciques manuelles réalisées lors d’un arrêt cardiaque.
Tillman Speer, et al. Hambourg.
Ce travail a été conduit sur un modèle de simulation. Les différents modes de ventilation testés ont été : Intermittent Positive Pressure Ventilation (IPPV), Bilevel Positive Airway Pressure (BiLevel), et un nouveau mode synchronisé (CCSV). Les auteurs ont constaté une meilleure profondeur de compression avec le mode synchrone (CCSV).

Intérêt d’un message texte envoyé sur le téléphone de sauveteurs localisés comme proches d’un arrêt cardiaque.
Rudolph Koster, et al. Amsterdam.
La ville d’Amsterdam s’est non seulement dotée de défibrillateurs automatisés externes (DAE) en nombre, et tous géo-localisés, mais a aussi formés de nombreux secouristes volontaires. Ces secouristes sont eux aussi géographiques localisés (lieux de travail, domicile…). Ils sont alertés lorsqu’un appel pour arrêt cardiaque arrive à la centrale. La centrale leur envoie un texte court sur leur téléphone indiquant le lieu où est la victime et le lieu où se trouve le DAE le plus proche. Après 4 ans d’expérimentation, les auteurs concluent en une densité optimale de 2 DAE et 10 à 20 secouristes par km2.

Formation des enfants aux premiers secours.
Balint Banfai, et al. Hongrie.
Les auteurs ont formés 170 enfants âgés de 9 à 10 ans aux gestes de premiers secours : compressions thoraciques et ventilation, constat d’un état d’inconscience, compression d’une plaie hémorragique. La mémorisation, après trois mois, est très élevée et plaide en faveur d’une formation plus généralisée des enfants de cette tranche d’âge.

Cas clinique Trauma

Femme de 70 ans, environ, renversée dans un village par une voiture. Sa tête heurte le capot d’une voiture en stationnement. Le traumatisme parait bénin. Les pompiers la conduisent au service d’urgence de proximité (Clinique St Louis de Ganges – 34).

Elle n’a pas eu de perte de connaissance. L’examen neurologique est strictement normal. L’urgentiste, un peu ancien dans la profession, demande tout de même un scanner cervical. Cet examen permet de déc20171028_090215_006ouvrir une magnifique fracture de C2.