Cardiologie

Endocardite bactérienne : le traitement antibiotique oral partiel pourrait-il supplanter la voie intra veineuse ?

Par le Dr Jean-Pierre Usdin, pour Medscape

Copenhague, Danemark–L’endocardite bactérienne reste une affection au pronostic particulièrement péjoratif. La mortalité hospitalière est estimée entre 15 et 30%. Un traitement intraveineux pendant 4 à 6 semaines est incontournable mais, celui-ci nécessite une hospitalisation prolongée responsable elle-même de complications.

Dans l’optique de limiter la durée de l’hospitalisation, le traitement antibiotique per os, chez des patients stabilisés, relayant la voie IV a-t-il les mêmes critères d’efficacité et de sécurité ?

C’est la question que se sont posés K Iversen et coll (Department of Cardiology, Herlev-Gentofte University Hospital Copenhagen University Hospital) dans l’étude de non-infériorité POET   (Partial Oral Treatment of Endocarditis).

Cette étude prospective, randomisée, non masquée, menée dans plusieurs centres au Danemark a inclus des patients ayant une endocardite du cœur gauche, valve native ou prothétique, jugée stable après deux semaines de traitement antibiotique IV. Le diagnostic d’endocardite reposait sur les critères de Duke   avec des hémocultures positives aux germes suivants : streptocoques, enterococcus fecalis, staphylococcus aureus, staphylocoques coagulase négative.

Les 400 patients d’âge moyen 67 ans dont 77 % d’hommes ont été randomisés 1:1 (199 ont été répartis dans le groupe IV conventionnel et 201 dans le groupe relais antibiotiques per os). Ils ont été suivis pendant 6 mois à partir du jour du relais (les patients, tous adultes devaient être stables avec le traitement IV depuis au moins 10 jours ou 7 après une chirurgie valvulaire éventuelle).

Le critère primaire combinait décès, intervention chirurgicale non programmée, accident embolique et récidive de l’endocardite avec le microorganisme initial mis en évidence par des hémocultures systématiques ou guidées par la clinique.

Traitement per os non inférieur au traitement IV

Le critère primaire combiné est survenu chez 42 patients (10,5%) : chez 24 (12,1%) des patients traités par voie IV, et chez 18 patients ayant eu le relai antibiotique per os (9,0%). Le risque relatif de survenue (OR) est donc de 0,72 (Intervalle de Confiance à 95% IC ; 0,37-1,36).

La différence de pourcentage entre les deux groupes (relais per os et IV continu) est de 3,1 % (95% IC ; -3,4 à 9,6 : P=0,40) plus favorable au groupe per os : le critère de non-infériorité est donc obtenu.

Cette étude randomisée multicentrique danoise montre donc que si certaines conditions sont réunies le traitement antibiotique per os peut prendre le relai du traitement IV.

 

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