Analgésie

Revue. Douleurs

Juillet 2018.

Antalgie pédiatrique en urgence.

Dr Arnaud Depil-Duval.

Centre Hospitalier d’Evreux.

Le risque, dans la prise en charge de la douleur pédiatrique, c’est le sous-traitement ou oligo-analgésie.

Premier réflexe : évaluer la douleur, systématiquement à l’aide d’une échelle adaptée. Chez l’enfant, les échelles numériques ou échelles visuelles analogiques (les mêmes que chez l’adulte) doivent être privilégiées si l’enfant est en capacité de les comprendre. A défaut, l’échelle des visages, ou encore l’échelle EVENDOL sont utilisables.

Une fois la douleur évaluée, quelles sont les molécules utilisables chez l’enfant ? En réalité, uniquement deux, le paracétamol et la morphine.

La paracetamol constitue le traitement de base et doit être utilisé par voie orale ; la voie rectale, grande tendance française est à bannir du fait d’un délai d’action bien plus long (2 à 3 h) que les formes orales (30 à 60 min). De même, la voie IV n’a pas d’intérêt sauf en situation extrême. La pose d’une perfusion allonge rapidement les délais de traitement.

La morphine est une molécule très efficace, qui permet une analgésie anticipée. Les formules buvables permettent une adaptation au poids avec une bonne biodisponibilité. La formule IV est possible.

La surveillance reste simple, basée sur la fréquence respiratoire et le score de sédation de Ramsay. En cas de surdosage, lamorphine est antagonisable, par la naloxone, IV ou intra-nasale.

Les autres molécules n’ont pas leur place dans l’antalgie d’urgence de l’enfant.

– La codéine a été retirée du marché.

– Le tramadol a été retiré du marché américain par la Food and Drug Administration, du fait des mêmes risques respiratoires et addictifs que la codéine.

– La nalbuphine, très appréciée des pédiatres, a un effet inférieur à la morphine, et son effet plafond restreint son intérêt.

Une des problématiques en situation d’urgence est la douleur induite par les soins. Si le paracétamol et la morphine sont utiles, les approches non médicamenteuses trouvent ici toute leur place. Entre la naissance et 4 mois, la succion de solutions sucrées permet une analgésie de 5 à 7 minutes pendant lesquelles une voie veineuse peut être posée. La distraction et l’hypnose sont également très efficaces. Une réduction de 50% des doses analgésiques a été notée par l’auteur grâce à des jeux video.

 

 

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