Médecin en vol

Y a-t-il un docteur dans l’avion ?

Par le Dr Jean-Pierre Usdin, pour Medscape

20 juillet 2018

Equipement à bord 

Quel matériel médical à bord ? L’oxygène bien entendu, la trousse médicale comporte de l’adrénaline, des antalgiques, des sédatifs et de la xylocaïne, deux nécessaires à perfusions avec solution glucosée, sérum physiologique, de l’aspirine, de l’atropine, un dérivé nitré, antihistaminiques po /IV, bronchodilatateur. Un défibrillateur semi-automatique est présent dans les avions commerciaux. Il y a un stéthoscope, un tensiomètre électronique, un saturomètre, des gants, des masques pour les manœuvres de réanimation. En revanche, il n’y a pas de glucomètre capillaire, de scope cardiaque, ou de médicaments obstétriques. Aussi, « les médecins se sentiraient mieux s’il existait un équipement standard et une trousse pédiatrique, dans chaque vol… Ce n’est pas encore le cas faute d’un consensus », insiste le Dr Zang qui lors d’une intervention en vol, a été en mal de trouver un antiémétique pour un enfant dans la trousse d’urgence.

Les médecins se sentiraient mieux s’il existait un équipement standard et une trousse pédiatrique, dans chaque vol…

C’est grave docteur ?

Premier geste : vérifier l’état de conscience, voire commencer avec le personnel non commercial (PNC) les manœuvres de réanimation. Sinon, il faut évaluer le degré de détresse physique (parfois psychiatrique) recueillir les antécédents. Le PNC est particulièrement qualifié puisque régulièrement formé aux manœuvres de réanimation urgentes. Il s’agit d’un soutien sérieux, efficace et précieux dans cet environnement hostile, exigu, surpeuplé de « bonnes intentions ». La liaison avec une équipe médicale au sol est indispensable. En effet, nos confrères sont habitués à ces situations en vol et seront à même, quand on aura recueilli les antécédents, et réalisé l’examen physique, de nous guider dans notre démarche thérapeutique.

Modifier (ou pas) le plan de vol 

Détourner ou ne pas détourner le vol ? Cette décision radicale difficile ne peut être prise que par le commandant de bord. C’est dire l’importance du travail en équipe et de la connaissance des services médicaux disponibles une fois au sol. Informer le commandant de bord, le médecin au sol de l’évolution de la situation est indispensable.  Au cours la période évaluée (2008-2010), 7,3% des vols ont été déroutés pour urgences médicales [2]. Parfois, un problème d’hypoxémie sévère peut être amélioré en diminuant l’altitude de croisière (au détriment de la consommation de carburant) [3].

Devenir des patients

L’étude a eu accès au suivi de 90% des patients ayant bénéficié d’une intervention en vol entre 2008 et 2010 : 26% ont été transportés aux urgences d’un hôpital, 8,6% ont été hospitalisés en majorité pour accident vasculaire cérébral, symptômes respiratoires, problème cardiaque et 0,3% sont décédés.

Malaise hypotensif, chaleur, retard, oubli de médicaments…Dans la majorité des cas, la situation médicale se résout facilement. Autant de situations, où à défaut de moyens thérapeutiques sophistiqués, une présence rassurante sera la bienvenue [4].

S’enregistrer en tant que médecin

« Certaines compagnies aériennes proposent, au moment où vous réservez votre siège, de signaler que vous êtes médecin, le PNC aura alors directement recours à vous en cas d’incident médical… » indique le Dr Zang.

En 2023, on estime que la moitié des passagers auront 50 ans ou plus. A quand deux places offertes à un médecin volontaire dans chaque vol ?

 

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