Hépatite C

Hépatite C : les AAD baissent la mortalité sans hausse des carcinomes hépatiques

Par Vincent Richeux, pour MEDSCAPE

Selon une analyse des données de suivi de la cohorte ANRS-Hepather, la mise sous traitement par antiviraux d’action directe (AAD) des patients atteints d’hépatite C est associée, à court terme, à une baisse de la mortalité, en particulier de cause hépatique. Afin d’étudier l’évolution de la maladie hépatique sur le long terme chez les patients atteints d’hépatite B ou C, l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) a mis en place, en 2013, la cohorte Hepather, qui prévoit d’inclure au total 25 000 patients, pour un suivi d’environ huit ans.

Menée par le Dr Hélène Fontaine (Hôpital Cochin, Paris, AP-HP) et son équipe, cette analyse porte sur 9238 patients VHC+ de la cohorte, dont les trois quarts (n=7036) ont été traités par AAD après l’inclusion. L’âge médian est de 56 ans. Au moment d’intégrer la cohorte, 38% d’entre eux présentaient une cirrhose.

Des biais thérapeutiques à intégrer

L’objectif de l’étude était d’évaluer l’efficacité à court terme des AAD dans le traitement d’une hépatite C, en se focalisant sur trois critères : le décès, le développement d’un carcinome hépato-cellulaire (CHC) et l’apparition d’une décompensation de cirrhose.

Après un suivi de 30 mois, les chercheurs ont ainsi recensé 162 décès, dont 56 de cause hépatique, ainsi que 210 cas d’hépatocarcinome et 110 décompensations de cirrhose. Une première analyse, sans ajustement, montre que le traitement par AAD est associé à un sur-risque de décès (HR=1,4 [IC à 95%, 0,71-1,4]), mais aussi de cancer et de décompensation.

Les résultats sont toutefois biaisés, en raison notamment du profil des patients mis sous AAD, ceux-ci étant plus souvent atteints de lésions hépatiques avancées (44% des patients traités avaient une cirrhose, contre 10% chez ceux non traités). Le traitement était aussi davantage proposé aux patients plus âgés.

Le risque d’hépatocarcinome écarté

Après ajustement tenant compte de ces facteurs, une nouvelle analyse pondérée révèle, au contraire, une diminution du risque de décès dans le groupe sous traitement (HR=0,61 [IC à 95%, 0,41-0,71]). Par ailleurs, le risque de développer un CHC ou d’avoir une décompensation de la cirrhose n’est pas plus élevé chez les patients VHC+ traités.

Cette étude se veut donc à nouveau rassurante quant à un éventuel sur-risque de récidive précoce de CHC rapporté par deux études.

Le Dr Fontaine souligne toutefois la persistance du risque de cancer hépatique après éradication du virus. « Il faudra identifier et individualiser les patients les plus à risque, en particulier ceux ayant un syndrome métabolique associé ». Ce qui renvoie à la nécessité de mettre en place un suivi spécialisé, comprenant un dépistage du CHC.

Les AAD ne favorisent pas la survenue d’un hépatocarcinome, en particulier pendant le traitement, comme cela a pu être suggéré dans de précédentes études Dr Hélène Fontaine.

 

Conclusion

En prenant en compte les biais des indications thérapeutiques, l’étude montre que les AAD permettent de diminuer à court terme la mortalité chez les patients, en particulier celle de cause hépatique et lorsque les patients ont une réponse virologique soutenue.

 

 

 

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