Stimulateurs et IRM

Stimulateurs et défibrillateurs « anciens » : l’IRM ne devrait plus être refusée

D’après un article d’Aude Lecrubier.

MEDSCAPE

Elle rapporte une étude américaine, portant sur plus de 1500 patients porteurs de pacemaker ou défibrillateurs automatiques implantés, de modèle ancien, et réputées « non compatibles » avec une IRM.

Cette étude confirme qu’aujourd’hui, un patient qui a besoin d’une IRM ne doit plus se la voir refuser systématiquement. « Avec des réglages et un suivi bien mené avant et après l’examen, l’IRM est généralement possible quand elle est indispensable », comme le précise le Dr Serge Boveda (Clinique pasteur, Toulouse) pour Medscape édition française.

 

Dans cette étude prospective, non randomisée, le Dr Saman Nazarian et coll. (Ecole de médecine Perelman, Université de Pennsylvanie, Université Johns Hopkins, Baltimore, Etats-Unis) ont évalué la sécurité de la réalisation d’IRM 1,5 Tesla chez 1509 patients porteurs de pacemakers (58%) et de DAI (42%) considérés comme non-IRM compatibles. Globalement les patients ont réalisé 2013 IRM thoraciques et non-thoraciques jugées indispensables.

Avant de réaliser l’examen d’imagerie, les chercheurs ont changé les réglages des stimulateurs cardiaques en mode asynchrone « SOO » (stimulation obligatoire) pour ceux qui avaient une fréquence cardiaque de moins de 40 battements/minute car l’IRM peut entraîner une inhibition du stimulateur cardiaque, et donc des risques vitaux pour le patient et en mode synchrone (à la demande) pour les autres afin d’éviter les stimulations inappropriées possibles avec les interférences magnétiques. Pour les défibrillateurs, les fonctions ayant trait aux traitements des chocs électriques ont été déprogrammées. Les appareils ont été reprogrammés après l’examen.

Pendant l’IRM, les symptômes de type douleur, chaleur et palpitation ont été suivis grâce à un haut-parleur placé dans la pièce. La pression artérielle a été mesurée de façon non invasive toutes les 3 minutes. Un ECG a été réalisé en continu et l’oxymétrie de pouls était mesurée.

Concernant les changements de paramètres survenus immédiatement après l’IRM ou sur le long terme, aucun n’a nécessité de révision des sondes ou du système ou de reprogrammation de l’appareil.

Les modifications les plus notables concernant les paramètres des appareils (>50 %) immédiatement après l’IRM étaient une diminution de l’amplitude de l’onde P qui est survenue chez 1 % des patients.

Le Dr Boveda rappelle toutefois un critère d’exclusion important. « Les patients qui ont des sondes abandonnées dans le cœur sont peu nombreux mais, dans leur cas, les IRM sont formellement contre-indiquées car il peut y avoir un « effet antenne » de ces sondes libres ».

 

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